Avec « La nuit je mens », Bashung signe une chanson fondée sur une contradiction centrale : raconter en affirmant d’emblée que le récit est mensonger.
Un pacte de défiance immédiat
Le titre suffit à rompre le contrat habituel entre chanteur et auditeur.
« La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine »
Le narrateur se présente comme fondamentalement peu fiable. Tout ce qui suit doit être entendu comme une construction, non comme un témoignage.
Une narration fragmentée
Les paroles fonctionnent par images isolées :
« Je m’en veux
Je m’en veux pas »
Aucune chronologie claire.
Les scènes semblent surgir comme des éclats de mémoire nocturne. La logique n’est pas narrative, mais associative.
Le mensonge comme refuge
Mentir, ici, n’est pas tromper l’autre. C’est se protéger du réel, du trop-plein de clarté.
« J’ai pas la tête à ça »
La nuit devient un espace où l’on peut réécrire, brouiller, déplacer. Le jour, lui, reste hors champ.
« La nuit je mens » ne cherche jamais à livrer une vérité cachée. Elle met en scène l’impossibilité même de dire vrai.









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